sur les pas des Invisibles (2311)
Organisée en parallèle et pour la tenue du colloque (ici l’appel à communications et là le programme – colloque qui s’est donc tenu au début du mois d’avril – pour bientôt les actes du colloque – j’ai tout manqué) une exposition de portraits réalisés par des élèves de l’école Estienne dont je rends compte ici (modestement – je ne suis pas photographe et comme on sait mes clichés manquent souvent de point) intitulée l’exposition Tôt : portraits en pied de l’invisible. Collaboration de la classe de Master I en illustration scientifique de l’école Estienne et de douze membres des équipes de ménage du CNSMDP et de l’Opéra Comique.
Deux composantes : l’une dans les bleus (ce sont les travailleur.es du CNSMDP – conservatoire national supérieur de musique et danse de Paris)
l’autre dans les rouges (les travailleur.es de l’Opéra Comique)
Intitulée donc plutôt
il s’agit de portraits dessinés par des étudiant.es d’école d’art, l’école Estienne si j’ai compris – école du design de communication et des arts du livre – on n’en parle pas sur son site – elle reste invisible – ainsi que celles (elles sont 7) et ceux (ils sont 5) qui sont montrées ici dans leur travail et les vêtements, les positions, les outils dont ils se servent. Douze portraits donc. Professionnels. Les noms de ces technicien.nes de surface hommes et femmes de ménage – qu’on ne voit jamais – mais qui œuvrent, tôt le matin, avant que les étudiants et leurs professeurs ne viennent travailler – salir sans doute, elles et eux sont là pour faire du propre – j’ai pensé dissimuler les noms des personnes, par discrétion, mais des auteur.es des portraits, qu’en serait-il ? Discrétion aussi tout autant ?
Latifa Souimdi dessinée par Sarah Berri
cela s’est donc résolu, entre moi et moi : je porte ici les noms des personnes représentées ainsi que ceux de leurs auteur.es
Khady Sané dessinée par Hannah Franjou
Zahra Dadi dessinée par Lucie Anaïs Michau
(magnifiquement ouvragé son vêtement sur lequel figurent quelques scènes de ménage…)
Mahamadou Doucoure dessiné par Nathan Roussignol
Housseyni Tandia dessiné par Violette Zgraja
ici quelques portraits dans leur environnement, pour en indiquer l’échelle
plus une étudiante – plus un passant au téléphone au casque et bonnet
et puis
Doro Docoure dessiné par Hélène Bezin-Chaingy
Souleymane Haidara dessiné par Lise Irrmann
Maryan Aroklyamary dessiné par Oscar Maso Y Guell Rivet
Emmanuelle de Mavaleix dessinée par Mars Passédat
Corinne Mze Abdallah dessinée par Céline Louis
Aziza Gattoufi dessinée par Kélis Pluton
Abderrhamane Abidallah dessinée par Joséphine Joffrin
avec mes remerciements à Emmanuelle Cordoliani pour son aide chaleureuse dans la constitution et la réalisation de ce billet, et pour son travail, tout autant, auprès de ces personnes qui, pour un quart d’heure ici peut-être, plus longtemps je crois (les portraits seront encadrés puis mis en exposition, si j’ai bien compris) ailleurs, sont sortis de l’invisibilité.
Bon dimanche
merci à vous, merci à Emmanuelle, merci aux élèves (plus tant élèves), merci et salut à elles et eux les « invisibles » indispensables
Beaux portraits, beaux dessins, et il aurait été paradoxal que « l’invisibilité » de ces travailleurs (je maintiens le pluriel collectif contre vents et marées… sinon, on écrirait aussi « marés » pour ne pas irriter les flots) soit doublée de celle de leurs noms (au pluriel) !
Il me semble que les dessins ont, ici, une plus grande force que les photos 🙂